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Bernardo Bertolucci: No End Travelling (2018). Photogramme de l’anticonformiste

Ce jeudi à Cannes, les salles sont de moins en moins pleines, les cinéphiles moins en avance et davantage dissipés: la fin du festival approche déjà. Après un passage éblouissant à la plage que j’ai failli prolonger pour me nourrir en vitamines D, je me résous à poursuivre ma route sur la Croisette et mes yeux se réconfortent dans la douce obscurité de la salle Bunuel. Le critique et journaliste de cinéma Mario Sesti, venu présenter un épisode de la série documentaire Cinecitta: I mestieri del cinema, présente, encouragé par Thierry Frémeaux, son film en italien puis en anglais, exprimant son regret de ne pas pouvoir être en présence du sujet du film, le cinéaste Bernardo Bertolucci.

Le film débute, la voix-off du journaliste décrit des photos morcelées, que nous voyons par détails puis entièrement. Les mains de Patti Smith, les lunettes de Wim Wenders: je me réjouis de retrouver ces grands artistes en photo aux côtés d’un Bertolucci déjà vieillissant, et me demande quelle forme va prendre la suite du documentaire.

A ma grande déception, le film n’est pas très inventif dans sa forme. Son propos est dispersé, et, portés par les paroles plus ou moins intéressantes de Bertolucci, les spectateurs se demandent peu à peu où le film mène, ce qu’il veut dire. De plus, esthétiquement, la qualité du film est quelque peu déplorable, on en vient même à se demander comment il a été sélectionné dans la programmation Cannes Classics de l’année. Les transitions vidéos, les musiques, et les images pixelisées tirées des films de Bertolucci ont indigné plus d’un spectateur. En sortant de la salle, j’entends « Ça ne valait même pas un bonus DVD ! », ce qui me fait sourire.

La présence de ce film censé rendre hommage à Bertolucci dans la sélection est d’autant plus surprenante, compte tenu de la qualité des documentaires qu’il côtoie dans la sélection Cannes Classics (notamment l’excellent Forman VS Forman de Jakub Hejna et Helena Trestikova).

S’il est amusant de voir un des cinéastes italiens les plus influents de sa génération fumer une cigarette, entouré d’orchidées, tandis qu’il parle de sa rencontre avec Brando ou de ses diverses gaffes aux Oscars, il est regrettable que le film ne soit pas mieux construit, ou enrichi d’extraits utiles. On ressort de la salle avec l’impression de n’avoir vu qu’un détail, qu’un seul photogramme du film riche, controversé et passionnant qu’est Bernardo Bertolucci.

Article publié par Emilie Dumesny le 25 mai 2019.

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